S’il y a une leçon que j’ai apprise, c’est que la solution techniquement supérieure l’emporte rarement. En réalité, c’est presque toujours le concept du « suffisant », voire du « juste suffisant », qui prévaut.
La banalisation est la loi inexorable de notre industrie, et l’histoire d’Ethernet et de ses dérivés en est la preuve ultime.
Il suffit de constater le déclin des technologies supérieures. Sur les réseaux locaux (LAN), Ethernet a supplanté les protocoles Token Ring et FDDI, pourtant plus robustes. Sur les réseaux étendus (WAN), les promesses de l’ATM ont finalement cédé la place aux services basés sur Ethernet. Même dans le domaine du sans-fil, la norme 802.11 a triomphé de HomeRF et du protocole HIPERLAN, plus avancé techniquement. Aujourd’hui, on voit des réseaux de stockage fonctionner sur Ethernet plutôt que sur Fibre Channel, certes plus fiable, mais aussi plus onéreux. Et le « dernier kilomètre » ? Le DSL est quasiment remplacé partout par la fibre optique jusqu’au domicile (FTTH), qui consiste simplement à transmettre des paquets Ethernet via un câble à fibre optique.
Après trente ans de polémiques stériles, la conclusion est simple : 802 l’emporte toujours.
Ou s’agit-il simplement de l’interprétation pratique ultime de la loi de Bob Metcalfe (vous savez, le fondateur de 3Com) ? La valeur ne réside pas dans la perfection technique du protocole, mais uniquement dans l’envergure du réseau.